La semaine dernière j’étais à Londres pour Future FoodTech, pour présenter les résultats de notre dernier rapport sur les investissements dans la FoodTech à l’échelle mondiale. Le rapport est disponible ici et nous organisons un webinar la semaine prochaine (inscription ici) pour partager les conclusions.
Cet événement était aussi l’occasion de prendre le pouls de l’écosystème. Disons que l’ambiance n’était plus à l’euphorie ni même à l’espoir d’un rebond immédiat. Cependant, plutôt qu’un esprit de résignation, j’ai plutôt observé (et partagé) ce que l’on pourrait appeler un optimisme raisonné.

En effet, nous sommes loin de la “fin” de la FoodTech. Nous sommes plutôt dans le creux d’un mouvement cyclique, usuel dans les écosystèmes d’innovation. Après une période d’euphorie, nous sommes revenus à un moment plus calme. Cela se traduit par de nombreuses faillites, moins d’investissements et, de manière générale, moins de hype. Cependant, nous observons toujours une forte implication des industriels (le nombre toujours croissant de partenariats en témoigne).
Le retournement actuel est à la fois loin d’être le plus terrible (il aurait pu être bien pire vu les excès observés) et particulièrement surprenant. La bonne nouvelle, si vous faites partie des acteurs contrariants qui continuent à innover dans ce contexte, c’est qu’expérimenter coûte beaucoup moins cher, ne serait-ce que parce que les startups qui “survivent” sont les meilleures et que le risque de se tromper de partenaire est bien plus faible.
Si vous souhaitez échanger sur ce que nous avons vu à la conférence, ou accéder aux slides de notre conférence sur l’état de l’écosystème, contactez-nous ici.
Le condensé de la FoodTech en septembre
🌎💰 Nouvelle baisse pour les investissements dans la FoodTech en 2025

Après un rebond en 2024 porté par quelques méga-deals, les investissements en AgriFoodTech sont de nouveau en forte baisse depuis le début de 2025. Le recul est particulièrement marqué pour les financements early-stage (pre-seed / seed), avec une chute de plus de 31 % dans les montants levés.
Cette contraction est en partie compensée par un engagement accru des acteurs publics (via des plans de soutien à la biotech) et de grandes entreprises agroalimentaires via des partenariats ou des acquisitions. Une autre bonne nouvelle concerne les acquisitions qui atteignent 6 milliards de dollars en 2024 pour des marques “innovantes” souvent orientées santé ou “healthy ageing”.
Géographiquement, les États-Unis captent désormais 59 % des investissements FoodTech (hausse en H1 2025), alors que la part de l’Europe retombe à 12 %.
Accéder au rapport complet ici
🧫 🍔 Biotech x FoodTech: When Two Revolutions Collide
Nous avons analysé la convergence croissante entre Biotech (biotechnologie) et FoodTech. Trois « mégatrends » illustrent cette convergence : l’agriculture résiliente (bio-intrants, vaccins, génomique),les ingrédients durables (fermentation de précision, molecular farming), le “healthy ageing” (ingrédients ayant un impact santé, nouveaux sucres, bioactifs). Cette “biotechification” de la FoodTech est une tendance structurelle, soutenue par des investissements publics massifs dans le monde. Pour les grandes entreprises agroalimentaires, cela impose un choix stratégique sur la façon de faire face à ce changement et cette course en avant vers de plus en plus de technologies dans l’alimentaire.
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🇨🇳 📈 L’écosystème AgriFoodTech chinois est-il en train de nous surpasser sans que nous ne nous en rendions compte ?
Si on regarde les investissements, la Chine est un leader sur les sujets de livraison (et encore), mais pas sur les thèmes les plus disruptifs, notamment les nouvelles protéines et l’innovation agricole. Pourtant, une étude récente a montré que dans les brevets liés à la viande cultivée, parmi les 20 organisations qui en ont déposé le plus, 8 sont des universités ou organismes chinois. Par ailleurs, ces technologies bénéficient d’un soutien public de plus en plus marqué. Même si le “buzz” lié aux startups et à leur financement est moins visible en Chine, le pays pourrait devenir hégémonique dans les technologies les plus disruptives, ce qui aurait, comme dans d’autres secteurs des implications géopolitiques majeures
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81,5 M€ levés par la FoodTech française en septembre
🇫🇷 🌱 Les Nouvelles Fermes, a levé 5M€ pour construire la plus grande ferme en aquaponie d’Europe.
🇫🇷 🌱 NXTFood,a levé 49M€ pour accélérer sur le développement et la commercialisation de ses alternatives végétales.
🇫🇷 🐛 Agronutris, une des trois startups françaises “leader” sur la protéine d’insectes, a été rachetée par La Compagnie des Insectes. Un apport de 10 M€ de ses investisseurs permettra de maintenir ses activités.
🇫🇷 🛒 La Fourche, distributeur bio en ligne, a levé 31,5 M€ pour continuer à se développer (et atteindre la rentabilité dès cette année).
🇫🇷 🌱 NeoEarth, a levé 1M€ pour améliorer la production de microalgues destinées à l’alimentation humaine et animale.
🇫🇷 🇺🇸 Innovafeed, l’autre grande startup française des insectes (aux côtés d’Ynsect), traverse des difficultés : seulement 5 M€ de revenus en 2024 et mise en pause du développement de son site pilote aux États-Unis.
🇫🇷 🍩 Les donuts, gauffres et cookies rencontrent un succès grandissant dans les centres villes français.
Top 5 des infos innovation hors France
🇳🇴 🐄 Nofence, une startup norvégienne, a levé 26 M£ pour accélérer la commercialisation de son système de clôture virtuelle pour le bétail.
🇮🇳 🛒 CityMall, une startup indienne de quick commerce, a levé 47 M$ pour étendre son modèle de livraison alimentaire dans les villes secondaires.
🇺🇸 🌿 Nitricity, une startup américaine, a levé 50 M$ pour produire des engrais à partir de coques d’amandes recyclées.
🇬🇧 🍦 Unilever se sépare de son activité glace via la cotation séparée d’une nouvelle entité “Magnum”. Une opportunité rare d’analyser en détail l’état du marché et sa stratégie (snacking, premiumisation, expansion). Alors que beaucoup de grands groupes CPG souffrent, miser sur la gourmandise semble rester une valeur sûre.
🇳🇱 🍄 The Protein Brewery, une startup néerlandaise, a levé 30 M€ pour développer sa production de mycoprotéines.



























