Nous avons récemment animé un webinar lié au rapport de DigitalFoodLab sur les tendances (vous pouvez regarder le replay ici). Voici les principaux messages.
1 – 2026 sera une année charnière : même si nous ne nous attendons pas à un rebond des financements, 2026 sera décisive à bien des égards. Pour que tout se passe bien, les partenariats entre grands groupes et startups doivent (enfin) produire des résultats concrets et les startups apporter plus de données convaincantes sur les coûts et l’industrialisation. Dans ce scénario positif (que nous privilégions), nous pourrions entrer dans un nouveau cycle de croissance.
2 – La roue tourne: ce qui était à la mode ne l’est plus. Plusieurs segments sont désormais entrés dans la phase de désillusion du cycle d’innovation. Dans le même temps, d’autres thématiques autour du healthy ageing émergent. Tout cela témoigne d’un écosystème sain, qui progresse et fait émerger de nouveaux sujets, malgré le bruit que peuvent causer certains échecs.
3 – Des progrès sur presque tous les sujets liés à l’agriculture, qui se traduisent par une adoption croissante.
4 – Passage à l’échelle et profitabilité : les deux clefs pour les nouveaux ingrédients. Pour les acteurs utilisant des technologies comme la fermentation de précision ou l’agriculture cellulaire, la question centrale n’est plus la faisabilité technologique, mais sur quelles applications concrètes ils peuvent démontrer leur capacité à passer à l’échelle. Pour les grands groupes, à mesure que l’écosystème se consolide, le nombre d’acteurs avec lesquels signer des partenariats diminue.
5 – Un engagement encore très limité au-delà de la hype pour le healthy ageing : l’écosystème en est encore à ses débuts et l’engagement des grandes entreprises reste limité.
À travers l’ensemble des thèmes abordés dans le rapport et le webinaire, les points clés pour l’année sont :
- Suivre de près ce qui se passe autour des lancements de produits (et idéalement tester les produits) et répondre à ces questions :
- Quelle combinaison de technologie et d’application est pertinente pour vous aujourd’hui, demain et à long terme ?
- Quel est votre plan pour vous assurer que, sur ces éléments clés, vous développerez un avantage concurrentiel par rapport à vos concurrents ?
- GLP-1 et santé : il est désormais essentiel de définir une stratégie claire sur le healthy ageing, notamment en répondant à deux questions :
- Sommes-nous alignés sur l’objectif de promouvoir la santé et la longévité ? Sinon, disposons-nous d’actifs suffisamment solides pour aller à contre-courant ?
- Avons-nous un plan clair pour accompagner des consommateurs qui recherchent de plus en plus de services et produits favorisant leur santé à différentes étapes de leur vie ?
- M&A : alors que les financements et les valorisations restent faibles, quelles sont les opportunités à saisir avant un éventuel rebond ?
Vous pouvez en apprendre plus ici (notamment avec des graphiques sur l’évolution de l’implication des industriels).
Au cours du mois de février, nous avons aussi publié :
- Une analyse de la croissance des deals M&A de marques innovantes (DTC) et des raisons pour lesquelles ce sujet est de plus en plus stratégique pour les grands groupes.
- Une note sur l’état des différentes technologies de protéines alternatives et le niveau d’implication des industriels.
Bonne lecture,
Matthieu
51 M€ levés par la FoodTech française en février
🇫🇷 🦢 Aviwell a levé 11 M€ pour sa plateforme de santé par le microbiome dédiée à la nutrition des volailles et de l’aquaculture.
🇫🇷🐝 UBEES a levé 8 M€ pour développer son service de pollinisation à l’international. Grâce à des ruches connectées et des capteurs, la startup optimise la pollinisation, surveille la santé des abeilles et quantifie les impacts sur les rendements, la biodiversité et le carbone pour les agriculteurs et les marques alimentaires.
🧀 🇫🇷 Verley a levé 32 M€ pour ses ingrédients fonctionnels développés via précision de fermentation.
🇫🇷🥩 La France a enfin publié sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, avec plus de deux ans de retard et après d’intenses arbitrages sur la manière d’aborder la question de la viande. Le texte final appelle à une « limitation de la consommation de viande et de charcuterie » et à une réduction de la viande importée, plutôt qu’à une réduction globale et chiffrée de la consommation, malgré les fortes recommandations des experts en santé et en climat.

Top 5 des infos innovation hors France
🇺🇸🐕 Loyal, une startup américaine, a levé 100 M$ pour ce qui pourrait être le premier médicament visant à prolonger la durée de vie des chiens (et de toute autre espèce). Les traitements de longévité pour animaux pourraient contribuer à démontrer leur potentiel sur le marché humain, notamment pour un traitement validé par les autorités de régulation.
🇦🇪🍽️ Kitopi, une startup basée aux Émirats arabes unis, a levé 50 M$ (en dette) pour ses cloud kitchens. La licorne serait déjà rentable et opérerait plus de 200 sites. On peut souligner le tournant par rapport au modèle « originel » des cloud kitchens : Kitopi opère de plus en plus ses propres marques plutôt que de louer ses cuisines à des marques existantes.
🇹🇷🛵 Uber a acquis l’activité de livraison de Getir en Turquie pour 335 M$ en cash, plus 100 M$ pour une participation de 15% dans le reste de l’activité épicerie/retail. À son apogée, la valorisation de Getir atteignait 11,8 Md$, ce qui en a fait l’une des plus fortes chutes de l’écosystème FoodTech. Dans le même temps, les fondateurs de Getir poursuivent en justice le fonds basé aux Émirats qui a soutenu la restructuration de l’entreprise en 2024 (séparant les actifs turcs du reste). Ils réclament 700 M$.
🇺🇸🍼 Once Upon a Farm, la marque américaine d’alimentation bio pour enfants, a réussi son introduction en bourse, levant 209 M$ pour une valorisation de 764 M$.
🇩🇪📊 De grands groupes alimentaires abandonnent le Nutri-Score en Allemagne après la mise à jour de l’algorithme en 2024, qui a durci les seuils pour le sucre, le sel et les graisses. L’utilisation du Nutri-Score étant volontaire, les marques dont les produits passent soudainement de B à D ou E préfèrent retirer l’étiquette plutôt que de reformuler leurs produits.



























