En ce début d’année, nous allons voir ce que nous pouvons souhaiter et surtout attendre de la FoodTech en 2026. Au-delà de ce rituel des prédictions, DigitalFoodLab vient de publier son rapport sur les tendances qui structurent l’écosystème d’innovation AgriFoodTech et nous vous donnons rendez-vous le 12 février à 17h (webinar en anglais) pour en partager les conclusions et répondre à vos questions.
Je suis Matthieu Vincent, co-fondateur de DigitalFoodLab, un cabinet de conseil en stratégie d’innovation, spécialisé dans l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation. Chaque mois, je vous propose une sélection d’actualités et mes analyses des tendances qui façonnent l’avenir de ces secteurs. Envie d’aller plus loin ? Échangeons pour découvrir comment vous pouvez rejoindre les 60 entreprises que nous aidons à explorer leur écosystème d’innovation, à identifier les opportunités et à les transformer en stratégies concrètes.
1 – Prédictions pour 2026: seuls ceux qui arriveront à démontrer une capacité à scaler survivront
Pour 2026, nous avons 5 prédictions qui s’articulent toutes autour du même thème : le passage à l’échelle. En effet, après une nouvelle année de consolidation, l’écosystème AgriFoodTech est en bien meilleure forme qu’on ne le jugerait au premier abord. Si les investissements stagnent toujours (à un niveau tout de même significatif), les partenariats avec les grands groupes sont devenus beaucoup plus nombreux et permettent, dans certains cas, d’envisager un passage à l’échelle.
1️⃣ Année clef et validation de marché pour les ingrédients : une vague de consolidation est en cours dans toutes les technologies (fermentations, agriculture cellulaire…) et toutes les applications (sucre, œuf, fonctionnalités santé…), avec seulement quelques acteurs qui survivent. Ceux-ci sont désormais plus forts et prêts à mettre des produits sur le marché. Nous aurons, d’ici la fin de l’année, après une décennie d’attente, des retours des consommateurs et, surtout, une vraie idée du potentiel de “scalabilité” de ces différentes technologies.
2️⃣ 2026 sera l’année où les médicaments GLP-1 seront adoptés massivement à l’échelle mondiale, notamment en dehors des États-Unis. Nous attendons une vague de lancements de produits de la part des industriels et des startups, afin d’accompagner les utilisateurs avant, pendant et après leur cure de GLP-1.
3️⃣ Pas d’évolutions sur le financement des startups tant que le contexte macroéconomique ne sera pas plus stable et tant que les investisseurs auront un biais en faveur des sujets liés à l’intelligence artificielle.
4️⃣ Nous allons passer d’un monde où la mesure de succès est la levée de fonds (et la valorisation souvent assez artificielle) des startups à un monde où la donnée clef sera la capacité de production en tonnes et le prix. Cela sera notamment renforcé par la compétition mondiale en matière de biotechnologies et par les investissements massifs réalisés en Chine dans ce domaine.
5️⃣ Les trois “autres” sujets de l’année seront la robotique (avec l’excitation, quelque peu optimiste, sur l’arrivée des robots humanoides), la longévité, et la durabilité (qui reste malgré tout un sujet de fonds, ne serait que pour s’assurer des risques à venir pour les entreprises).
En lire plus ici (où nous détaillons chacune des prédictions et ses conséquences pour l’industrie agroalimentaire)

2 – Les tendances qui structurent l’écosystème d’innovation
Voici les évolutions clés par rapport aux précédentes éditions de notre rapport :
- Le healthy ageing continue à émerger : la plupart des écosystèmes sont encore naissants, avec peu d’applications concrètes, malgré un fort appétit de l’industrie pour des solutions qui permettront de créer de la différentiation et de répondre aux attentes des consommateurs concernant des produits qui auront un impact positif sur leur santé.
- Les technologies des protéines alternatives traversent une phase de désillusion collective : la majorité des technologies sous-jacentes (par exemple la fermentation de précision) ne sont pas encore prêtes à passer à l’échelle de manière rentable, même si elles s’en rapprochent.
- Un retour à la raison sur l’intelligence artificielle : elle permet de réduire certains coûts, d’accélérer certains processus, mais relève surtout d’applications incrémentales plutôt que d’une révolution.
Ces deux points, prédictions et tendances, permettent d’avoir une lecture assez précise de là où nous en sommes en ce début d’année. La situation est bien plus positive qu’elle ne le paraît, avec de nombreuses innovations qui vont de l’avant. Pour les acteurs de l’industrie, cette période de consolidation offre de nombreuses opportunités, à la fois d’acquisitions à moindre coût et, surtout, de partenariats avec des startups beaucoup plus solides.
Bonne lecture,
Matthieu
43,1 M€ levés par la FoodTech française en décembre et janvier
🇫🇷🌱 Equitable Earth, a levé 12,6 M€ afin de devenir un standard mondial des projets carbone fondés sur la nature, grâce à un meilleur suivi, une meilleure vérification et davantage de transparence.
🇫🇷🌾 Mycophyto a levé 16 M€ pour industrialiser ses biosolutions à base de champignons, qui ont démontré une amélioration de 20 % de la rétention d’eau et jusqu’à +45 % de rendement dans les vignobles.
🇫🇷 🚜 Agreenculture a levé 6 M€ pour accélérer le déploiement de ses robots agricoles.
🇫🇷 🌾 Resoil a levé 4 M€ pour développer ses projets d’agriculture régénérative et sa plateforme de gestion du carbone.
🇫🇷 🌱 Veragrow a levé 4,5 M€ pour passer à l’échelle son procédé, utilisant des vers, afin de transformer des déchets organiques en biostimulants.
Top 5 des infos innovation hors France

🇺🇸📉 Les pires produits du CES 2026 incluent plusieurs appareils électroménagers mettant l’IA en avant. Dans de nombreux cas, l’usage de l’intelligence artificielle a été jugé soit inutile, soit intrusif. Le réfrigérateur intelligent de Samsung, censé répondre à des commandes vocales (notamment pour ouvrir ou fermer les portes), s’est souvent montré inopérant à cause du bruit ambiant. Autre candidat au titre de « Worst in Show » : une machine à espresso reposant sur un modèle d’abonnement pour accéder à son interface IA. Ces exemples illustrent les difficultés persistantes de nombreuses entreprises à créer une valeur réelle pour les consommateurs grâce à l’IA.
🇺🇸🥤 Beyond Meat a lancé aux États-Unis Beyond Immerse, une gamme de boissons protéinées pétillantes déclinées en trois saveurs. Une initiative qui ressemble à un pari désespéré : conserver une marque historiquement associée aux alternatives à la viande pour entrer sur un marché des boissons déjà saturé, sans légitimité évidente, est pour le moins discutable.
🇺🇸🤖 OpenAI a lancé ChatGPT Health, intégrant des dossiers médicaux et des applications de bien-être (Apple Health, MyFitnessPal) pour fournir des recommandations personnalisées sur la santé et la nutrition. Avec ChatGPT, en passe de devenir le conseiller nutritionnel par défaut (ce qu’il est déjà pour beaucoup), avec un biais en faveur d’une alimentation plus saine, les acteurs de l’agroalimentaire, sur toute la chaîne de valeur, devraient s’interroger sur la manière de positionner leurs marques dans ce nouveau paradigme.
🇩🇰 🦠 BactoLife, une startup danoise, a levé 30 M€ pour ses ingrédients produits par fermentation de précision avec des bénéfices pour la santé digestive. Avec cette levée, la startup va pouvoir financer une étude clinique puis la commercialisation.
🇺🇸 🥩 Believer Meats, startup américaine d’agriculture cellulaire, a fermé ses portes. C’est une première pour l’une des rares startups du secteur à avoir obtenu une autorisation de commercialisation aux États-Unis et à avoir construit une unité pilote. Cela ne doit pas être interprété comme un rejet de l’agriculture cellulaire dans son ensemble, mais plutôt comme un signal supplémentaire : aujourd’hui, les investisseurs privilégient clairement les modèles « CAPEX-light », avec de petites unités pilotes plutôt que de grands projets industriels.



























