Suite à la publication de notre rapport sur la FoodTech en Europe et au webinaire que nous avons animé sur le sujet le mois dernier (replay accessible ici), nous avons mis à jour notre classement annuel des 50 startups européennes AgriFoodTech les plus intéressantes à connaître.
Cette année, nous avons voulu mettre l’accent sur 2 critères: la capacité à atteindre la rentabilité et le potentiel de croissance. En effet, alors que les investissements continuent de diminuer dans la FoodTech, il nous semble de plus en plus important de privilégier la capacité à attirer des partenaires commerciaux afin de réduire la dépendance à de nouvelles levées de fonds.

Quelles évolutions en un an ?
- De plus en plus de startups issues de la recherche : l’Europe est désormais leader pour les investissements et les partenariats dans les protéines alternatives, les nouveaux ingrédients et les bio-intrants, portée par des instituts comme VTT (Finlande) et VIB (Belgique), avec des exemples comme Aphea.bio et Solar Foods.
- Un exit majeur, zéro faillite : Huel est racheté par Danone pour 1 Md€, confirmant que les gros exits concernent toujours uniquement les marques B2C. En creux, nous sommes également satisfaits de constater que, malgré le contexte tendu, aucune des startups de la liste 2025 n’a fait faillite.
- Plus de marques, beaucoup moins de delivery et de foodservice : on observe une montée des marques DTC (Direct-To-Consumer) comme KatKien (petfood), Trip (boissons) ou Koro (snacks et épicerie saine). C’est un point positif et remarquable alors que cet écosystème n’a jusque-là pas été très favorisé en Europe. Cela devrait aider à amplifier la vague de rachats dont on voit les prémices depuis quelques mois.
- Le problème persistant : le passage à l’échelle. D’un côté, beaucoup de startups à fort contenu technologique ciblent les États-Unis et le Golfe pour leur commercialisation et donc leur industrialisation (en partie du fait de contraintes réglementaires fortes en Europe). De l’autre, les marques peinent à dépasser leurs frontières nationales. Ces catégories ont en commun une difficulté à passer à l’échelle et à accéder aux financements nécessaires pour devenir des acteurs majeurs à l’échelle européenne. On peut cependant saluer l’implication de plus en plus forte de la Commission européenne, via des prêts destinés à financer des pilotes industriels sur le sol européen.
En résumé, les choses vont mieux, mais l’évolution reste lente en Europe. On peut malgré tout se réjouir d’avoir un écosystème dynamique et composé d’acteurs de plus en plus influents et importants à l’échelle mondiale. Plus spécifiquement, en France, les mêmes facteurs sont identifiables, mais avec deux nuances. Premièrement, nous ne voyons toujours pas le développement de ce circuit de “transformation” de la recherche en startups, via des financements publics et privés conjoints. Deuxièmement, nous observons un ralentissement plus fort qu’à l’étranger de l’appétit des acteurs industriels français (surtout de petite et moyenne taille) pour l’innovation.
Vous pouvez retrouver le mapping ainsi que la liste et le détail de l’activité de chacune des 50 startups ici.
Nous avons aussi publié des notes sur:
- Une analyse des alternatives au sucre : un des sujets les “plus chauds” du moment
- Un regard sur ce que les technologies développées pour le spatial ont apporté et apporteront à l’agroalimentaire
72,5M€ levés par la FoodTech française en juin et juillet
🍽️🇫🇷 Ekip a levé 1,5 M€ pour développer sa plateforme de titres-restaurant écoresponsable, qui redirige une partie des dépenses vers des restaurants durables et locaux.
🪲🇫🇷 Innovafeed a levé 51 M€ auprès de ses investisseurs existants (dont le géant des matières premières ADM) pour ses activités d’élevage d’insectes. L’entreprise annonce simultanément la suppression d’une soixantaine de postes, signe des difficultés que traverse le secteur des insectes.
🍽️🇫🇷 Innovorder a levé 20 M€ pour accélérer son expansion européenne et le développement de sa plateforme technologique tout-en-un destinée aux chaînes de restaurants.
🍓🇫🇷 Dry4Good va investir 5 M€ pour son site de séchage. L’entreprise remplace les additifs alimentaires artificiels par des fruits, légumes et plantes aromatiques déshydratés, vendus sous forme de poudres d’arômes naturels destinées à l’industrie agroalimentaire.
🥩🇫🇷 Swap Food, anciennement Umiami, a été placée en liquidation judiciaire. Le PDG de cette entreprise de substituts de viande à base de plantes a évoqué un décollage plus lent que prévu de la catégorie.
🌱🇫🇷 Genesis et ReGeneration ont fusionné pour former Hedge, combinant leurs expertises en agriculture régénératrice, notamment sur la mesure et la certification.
🧪🇫🇷 Allergen Alert représentera la France à la Startup World Cup à San Francisco, après avoir remporté l’étape d’Aix-en-Provence face à neuf autres candidats. La société développe un mini-laboratoire portable capable de détecter les allergènes et le gluten dans les aliments en quelques minutes. Elle disputera la finale aux côtés de FairPatterns, l’autre représentante française.

Top 5 des levées FoodTech hors France
🌱🇩🇪 Stenon, une startup allemande, a levé 18 M€ pour son appareil portable, qui mesure en quelques secondes l’azote assimilable par les plantes et d’autres paramètres du sol directement en auamp, remplaçant des analyses de laboratoire lentes et coûteuses.
🌍🇱🇹 InSoil, une agri-fintech lituanienne, a obtenu une ligne de crédit de 120 M€ pour sa plateforme de financement de l’agriculture régénératrice. L’entreprise a déjà financé plus de 3 500 PME agricoles et concentre son activité sur la Pologne et la Lituanie, ses principaux marchés.
🍄🇳🇱 The Protein Brewery a levé 18 M€ dans le cadre d’une extension de sa série B, pour accélérer la production de son ingrédient à base de mycélium, suite à son autorisation Novel Food dans l’UE. Le financement total dépasse désormais 70 M€.
🦠🇫🇮 Solar Foods, une startup finlandaise, a obtenu un pack de subvention et de prêt de 77,8 M€ de Business Finland pour construire sa deuxième usine et développer la production de Solein, sa protéine issue de CO₂ capté dans l’atmosphère.
🩺🇬🇧 Rem3dy Health, connue pour sa marque Nourished, a levé 14 M£ pour son expansion aux États-Unis, au Moyen-Orient/Afrique du Nord et en Inde. Nourished utilise l’impression 3D pour fabriquer des “gummy stacks” de nutrition personnalisée combinant plusieurs ingrédients. Suntory (Japon) et UPSA (France) figurent parmi les investisseurs.
Top 5 des infos corporate et innovation hors France
🍺🇪🇺 L’UE en “guerre” sur la définition du cidre ? Un exemple intéressant d’excès normatif européen : la Commission européenne a proposé de réserver le terme “cider” aux boissons contenant au moins 35% de jus de pomme ou de poire, reléguant les versions aromatisées (pastèque, myrtille…) au rang de “boissons à base de cidre”. Les pays nordiques s’y opposent, accusant la France et l’Espagne de protectionnisme. La Commission a reculé vers un compromis assez complexe avec trois niveaux (cidre classique, cidre, boisson à base de cidre), mais aucun accord n’a été trouvé.
🍺🇯🇵 Le président de Kirin a déclaré que la bière pouvait apporter des bienfaits “spirituels ou mentaux” pour la santé, s’opposant ainsi à la position de l’OMS selon laquelle aucune quantité d’alcool n’est sans risque. Cette prise de position illustre le pari existentiel de Kirin : face au déclin de la consommation d’alcool au Japon et dans le monde, le groupe se repositionne comme une entreprise orientée vers la santé via des acquisitions, en s’appuyant sur son expertise en fermentation pour les compléments alimentaires et probiotiques.
🍫🇬🇧 Nukoko, une startup britannique de chocolat sans cacao, a été rachetée par Döhler, le groupe allemand d’ingrédients.
🍴🇫🇷 TripAdvisor va céder TheFork à American Express pour 700 M$. TheFork est la première plateforme de réservation de restaurants en Europe, présente dans 12 pays. Cette opération fait suite à plusieurs rachats similaires de la part d’Amex aux États-Unis dans le cadre de sa stratégie visant à offrir des offres et expériences exclusives à ses porteurs de carte.
🥛🇫🇷🇬🇧 Lactalis, le géant laitier français, a racheté Protein Works, une marque britannique D2C de produits protéinés (poudres, barres, shakes) générant environ 65 M€ de chiffre d’affaires annuel.



























