L’absence d’adaptation de l’alimentation au changement climatique

Published on August 30, 2026

J’espère que vous avez tous pu profiter d’une pause estivale bien méritée. Je vous partage aujourd’hui quelques réflexions après les vagues successives de canicules, la sécheresse et les incendies qui ont touché toute l’Europe.

Selon moi, ce que cet été révèle, c’est un double échec : alors que nous ne préparons toujours pas le système alimentaire à être plus résilient, notamment aux conséquences d’un climat plus changeant et plus chaud, nous ne faisons pas non plus face à la part de responsabilité de l’agriculture et de l’alimentation dans ces changements.

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Alors que l’on voit à longueur d’articles, de tribunes et d’éditoriaux des discussions sur la meilleure façon d’adapter nos transports, notre production énergétique et nos bâtiments aux futures vagues de chaleur, je suis surpris par le peu de discussions (sérieuses) consacrées à l’agriculture. Quand c’était le cas, le secteur était presque toujours présenté comme une victime, jamais comme un contributeur massif (du quart au tiers des émissions mondiales selon les mesures) aux événements que l’on traverse.

Les conséquences des chaleurs extrêmes, des sécheresses ou des inondations ne se limitent plus à des graphiques montrant d’éventuelles baisses de rendement. Elles indiquent également quels aliments pourront être produits et dans quelles régions. Et cela ne concerne pas seulement les végétaux : l’élevage est lui aussi touché. En France, jusqu’à trois millions de poulets sont morts lors de la vague de chaleur de fin juin. Dans toute l’Europe, des producteurs laitiers ont signalé une baisse de production, les vaches souffrant du stress thermique. La simple adaptation, poussée à l’extrême, comme en Suisse, où l’armée a dû acheminer de l’eau par hélicoptère jusqu’à des élevages bovins, ne sera pas suffisante.

Dans ce domaine comme dans d’autres, nous devons désormais mettre l’idéologie de côté pour déterminer quels systèmes pourront rester viables dans un climat plus chaud, tout en améliorant le bien-être animal et en réduisant les émissions.DigitalFoodLab - cartes évolution france invivo

L’adaptation n’est pas une cause perdue, loin de là. Les solutions sont nombreuses et on peut les diviser en trois catégories :

  • Les améliorations low-tech immédiatement accessibles, mais viables uniquement dans un climat qui ne varie pas trop : ventilation, meilleure gestion de l’eau…
  • Les solutions AgTech et FoodTech : races animales plus tolérantes à la chaleur, cultures plus résilientes, gestion de l’eau s’appuyant sur l’intelligence artificielle, robotique ou encore protéines alternatives.
  • Les transformations structurelles et culturelles, qu’il s’agisse d’adopter de nouvelles cultures ou d’affronter le débat sur la réduction de notre consommation de produits animaux.

Le problème n’est donc pas l’absence de solutions. Il tient à notre préférence pour celles qui laissent le système actuel presque intact et, surtout, à notre refus d’avancer sur celles qui exigent de modifier les modes de production et de consommation.

À mesure que les objectifs climatiques deviennent plus difficiles à atteindre, les entreprises et les gouvernements pourraient être tentés de détourner leur attention et leurs ressources (déjà limitées) de la réduction des émissions pour les consacrer à la protection des systèmes de production existants. L’adaptation pourrait alors devenir le dernier prétexte en date pour repousser les décisions difficiles.

Ce serait une erreur fondamentale alors que le système alimentaire est en première ligne face au changement climatique. Les acteurs de l’agriculture et de l’alimentation, des agriculteurs aux dirigeants de l’industrie, doivent accepter deux réalités : ils comptent parmi les premières victimes du changement climatique… mais aussi parmi ses principaux contributeurs. Ils ne peuvent pas attendre que les autres secteurs agissent tout en considérant les transformations de la production agricole et des régimes alimentaires comme politiquement intouchables.

Réduire les émissions sans adapter le système alimentaire le rend vulnérable. Adapter sans réduire les émissions ne fait que gagner du temps. Faire l’un sans l’autre ne constitue pas une stratégie plus viable que de mettre le débat sous le tapis.


Top 5 des levées FoodTech en juillet et août

🐟🇩🇪 Oceanloop, une startup allemande, a levé 38,5 M€ pour construire des fermes aquacoles terrestres en Allemagne et aux Canaries.

💳🇺🇸 inKind, une plateforme américaine de financement pour les restaurants, a levé 414 M$ (principalement en dette). Elle combine un financement initial pour les restaurants avec l’accès à cinq millions de convives qui utilisent sa plateforme de réservation.

💊 🇬🇧 IM8, une startup cofondée par David Beckham, a levé 1 Md$ pour son complément alimentaire « tout-en-un » via un mécanisme de financement non dilutif inhabituel, couvrant jusqu’à 70% des coûts d’acquisition client et remboursé par une part plafonnée des revenus générés. C’est inédit, tant par le format du financement que par son montant. IM8 croît à un rythme rarement observé pour une marque D2C et témoigne d’un fort appétit des consommateurs pour le healthy ageing et la longévité (en particulier pour les produits premium).

🍽️🇺🇸 Wonder, une startup américaine, a levé 650 M$ à une valorisation pré-money de 9 Md$ pour accélérer la croissance de sa plateforme intégrée de livraison de repas. Au-delà de la croissance, ces fonds serviront à investir dans de nouveaux domaines, comme la robotique, en amont d’une introduction en Bourse.

☕🇬🇧 Reformed, une startup britannique, a levé 22 M$ pour développer à l’international sa marque de café et de matcha fonctionnels. Ses produits associent des boissons de spécialité à des ingrédients tels que le collagène et la créatine.

 


 

Top 5 des infos sur les tendances et les grands groupes

🍫🇮🇹 Ferrero, le géant italien de la confiserie, va racheter Purely Elizabeth, une marque américaine de petit-déjeuner « better-for-you » proposant granola, porridge et céréales. Après le rachat de WK Kellogg, cela confirme la volonté de Ferrero de construire une plateforme de petit-déjeuner allant du grand public aux produits premium de wellness.

📱🇰🇷 Les « applications dopamine » sud-coréennes permettent aux jeunes à budget serré de simuler le shopping en ligne et la livraison de repas sans dépenser d’argent.

🥚🇺🇸 The EVERY Company a annoncé un partenariat avec ADM pour lancer aux États-Unis la commercialisation d’OvoPro, sa protéine de blanc d’œuf issue de fermentation de précision, qui sera produite dans les usines d’ADM.

🍠🇯🇵 Le retournement d’Okinawa, passée de leader mondial de la longévité à une mortalité prématurée supérieure à la moyenne chez les hommes plus jeunes, montre à quelle vitesse la santé d’une population peut se dégrader.

🥩🇧🇷 JBS, le plus grand groupe mondial de viande, abandonne un objectif climatique clé, en renonçant à sa cible net zéro d’ici 2040 qui couvrait les émissions Scope 3 de ses fournisseurs, arguant de la difficulté à tracer les émissions indirectes du bétail qu’il achète (il est toutefois difficile de croire que cette complexité n’a été découverte que récemment).

 

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Join the 60+ clients of Digital FoodLab: leading agrifood companies, retailers, banks, investors, startups, and public organisations.

Use case: project for a global F&B company looking to map its AgTech innovation ecosystem and the best startups to partner with

What we did:

  • Mapping of the AgTech ecosystem: startups, research regulators, and other leading companies.
  • Discussion to select areas to focus on.
  • Analysis of the information to reveal the trends and a model to analyse eventual partners.
  • A workshop to validate the opportunities based on our recommendations.
  • Scouting of relevant partners followed by introductions.

Results:

  • Mapping the different categories of innovations in AgTech that should be considered now to create long-term benefits for the business.
  • Identification of key partners (an incubator and a couple of startups).

Use case: project for a CPG company on the healthy ageing ecosystem

What we did:

  • Education of the board through a couple of workshops to define the perimeter
  • Identification of key opportunities and threats created by long-term evolutions (technologies, business models, behavioural changes).
  • Deep dives on each of the priority categories.
  • Co-construction of a vision on how the company should address these challenges.
  • Identification of partners (startups, incubators, funds) to move forward.

Results:

  • Creating a consensus on which categories to prioritise and how to address them.
  • Implementation of an open innovation strategy through the development of partnerships.

Use case: project for a global CPG company to develop a strategy on the healthy ageing ecosystem

What we do (ongoing mission on a subscription model):

  • Kick-off where we present an overview of the AgriFoodTech ecosystem to select with the client the categories to cover and for each, the level of information required.
  • Monthly newsletter: each month we send a newsletter with the articles that we have gathered ranked by relevance, their summaries, and a layer of analysis.
  • Database: we set up a personalised database that will be filled month after month with the information gathered on the companies identified for the watch.
  • Workshops: twice a year with the client’s innovation team and other “innovation curious” team members, we present an overview of the evolutions, key trends and a dashboard of the topics followed by the watch.

Results:

  • A clear, regular and evolutive tool to follow what is happening in terms of innovation on key topics.
  • A forum (through the workshops) to discuss innovation trends and new opportunities.

Use case: opportunity screening for an ingredient company

What we did:

  • Kick-off to define the perimeter of the ecosystem studied.
  • Mapping of the different trends shaping the innovation ecosystem of the client.
  • Analysis of the trends on DigitalFoodLab’s trend curve and other relevant frameworks.
  • Workshop to discuss DigitalFoodLab’s recommendations on key trends to prioritise

Results:

  • Shared view of the innovation ecosystem for the client with a view of the trends to prioritize.
  • Clear document (personalised trend curve) that can be easily shared internaly to explain the company’s innovation choices and which can be then updated each year.

Use case: scouting for an agriculture coop

What we did:

  • Kick-off to define the perimeter of the client, the goals of the scouting (partnerships) and the criteria on which startups should be evaluated.
  • Set-up scouting: we selected the first batch of 20+ key startups following the criteria of the client.
  • On-going scouting: then we set up a quarterly scouting of about ten startups.
  • For each scouted startup, we created an ID card with key information such as the business and technological maturity, funding, and corporate partnerships. We also added an explanation of why we selected this startup.

Results:

  • An ongoing and evolutive scouting are matching the client's criteria and its capabilities in terms of deal flow.

Use case: working on an acquisition process for a CPG company

What we did:

  • Kick-off to define what the client is seeking, notably in terms of maturity.
  • Workshop with the client based on a mapping of the different innovation ecosystems adjacent to its activities to select some priorities and discuss inspiring examples of startup acquisition stories.
  • Identification of 20+ targets.
  • Workshop to select the most relevant to engage with.
  • DigitalFoodLab worked as a sparing partner during the acquisition process, notably to help design how the acquired startup could be integrated into the overall company’s strategy.

Results:

  • Different results from traditional M&A processes with a focus on the client’s innovation strategy.
  • Identification of a good match for an acquisition.

Use case: market due diligence on sugar alternatives

What we did:

  • Kick-off with the client to discuss its interest on this category, its expectations and existing level of information (notably on the target company).
  • Mapping of the ecosystem to analyse the different existing alternatives and technologies to compare them.
  • Interview (calls) with relevant startups made by our internal biotechnology expert.
  • Recommendation on whether to invest or not.

Results:

  • Clear view of the ecosystem and of the reasons to believe (or not) in each sub-category.
  • Enforceable recommendations based on facts and expertise.