En terme d’investissements, nous sommes sur un plateau, assez bas, aux alentours de 3 à 4 milliards de dollars par trimestre. Cela ne devrait pas trop évoluer étant donné le contexte d’incertitudes économiques et politique. Nous nous attendons à un rebond, mais pas avant le début d’année aux États-Unis, et le milieu 2025 (au mieux) en Europe. D’ici là, cela veut dire encore 12 mois difficiles pour les startups qui cherchent à lever des fonds.
Retrouvez ci-dessous le résumé des notes et rapports publiés par DigitalFoodLab, ainsi que les informations sur les levées les plus importantes.
☕ La version expresso:
- Avancées réglementaires majeures en Europe sur les protéines alternatives, notamment pour la fermentation de précision
- 43 M€ levés cet été par les startups FoodTech françaises
- Nestlé lance une marketplace GLP-1
Le condensé de la FoodTech en juillet et août
⚖️ Plusieurs avancées réglementaires importantes en Europe:
- Une première startup d’agriculture cellulaire, Meatly, à reçu une autorisation au Royaume-Uni. Il s’agit aussi de la première au monde sur le sujet de l’alimentation animale.
- Impossible Foods a reçu un premier avis favorable pour commercialiser son ingrédient issu de fermentation de précision en Union Européenne. Il ne s’agit pas d’un avis définitif, mais c’est déjà une avancée notable pour cette technologie.
- Gourmey devient la première startup à déposer un dossier pour de l’agriculture cellulaire (pour les humains) en UE.

🚜 Nous nous sommes penchés sur les bioinputs (bio-intrants en bon français). Comme on peut le voir sur notre courbe de tendances ci-dessus, il s’agit d’un des sujets les plus “chauds” du moment dans la FoodTech. On peut identifier plusieurs catégories comme les bio-pesticides ou les bio-stimulants, qui en général combinent un bénéfice environnemental avec une amélioration de la santé des sols. Cependant, il reste des défis à relever, à la fois sur les coûts et sur la capacité de production. On remarque que beaucoup d’industriels de l’aval de la chaine de valeur (marques) nous questionnent de plus en plus sur ces sujets, notamment dans un objectif de comptabiliser puis de réduire leurs émissions scope 3.
👶 Nous nous sommes posés la question de l’impact du changement démographique en cours (moins d’enfants aujourd’hui, un pic de population d’ici 2100 et surtout un croisement à venir entre le nombre de moins de 18 ans et de plus 65 ans). Cela implique pour les acteurs de l’agro-alimentaire de repenser leur modèle de croissance, encore largement basé sur l’augmentation de la population, notamment dans les nouveaux marchés comme les pays en voie de développement. Deux solutions apparaissent assez évidentes : développer des gammes de produits ayant un impact sur la santé (et idéalement sur la longévité) et proposer des services ou des expériences au delà des produits.
🐛 Une startup américaine a fait beaucoup parler d’elle pour sa technologie de production de protéines. ByBugs ne souhaite pas produire des insectes pour leur propre protéine, mais les modifier génétiqueemnt pour qu’ils produisent des protéines précises, comme des protéines laitières. La startup affirme que le procédé serait plus rentable et surtout plus “scalable” que la fermentation de précision.
43M€ levés par les startups Agri-FoodTech françaises cet été
🇫🇷🦠 Micropep a levé 29 M$ pour ses pesticides utilisant des micropeptides permettant de réduire l’utilisation de produits chimiques.
🇫🇷🐛 NutriEarth a levé 8 M€ pour sa production de vitamine D3 à base d’insectes. Avec cette levée, elle pourra augmenter la production et répondre à la demande de vitamine D3 durable.
🇫🇷 🥚 Yumgo a levé 3 M€ pour ses alternatives végétales aux œufs destinées aux professionnels de la restauration.
🇫🇷 🌱 Chiche a levé 2 M€ pour sa gamme de snacks à base de pois chiches grillés et d’autres légumineuses.
🇫🇷 🥚 The Very Food Co, a levé 1 M€ pour son alternative végétale au blanc d’œuf destinée aux professionnels de la boulangerie.
🇫🇷 🥐 Otami a levé 800 000 € pour sa plateforme de gestion dédiée aux boulangeries. Elle aide les professionels à mieux comprendre leurs coûts.
Top des informations FoodTech hors France
🇨🇿 🛒 Rohlik, une startup tchèque, a levé 170 M$ pour ses opérations de livraison de courses. Elle livre désormais plus d’un million de commandes par mois.
🇺🇸🧬 Digestiva, une startup américaine, a levé 18,4 M$ pour commercialiser sa plateforme d’enzymes, qui aide à concevoir des enzymes propriétaires pour résoudre les problèmes liés à l’absorption des protéines.
🇪🇪🌾 eAgronom, une startup estonienne, a levé 10 M€ pour sa place de marché de crédits carbone. Elle aide déjà plus de 3 000 agriculteurs à créer des revenus supplémentaires tout en adoptant des pratiques plus durables.
🇺🇸 🍞 Hero Bread, une startup américaine, a levé 21 M$ pour ses pains et produits de boulangerie à faible teneur en glucides, riches en fibres et à faible teneur en calories.
🇺🇸💪 David, une startup américaine créée par le fondateur de RxBAR (l’une des réussites les plus remarquables de la FoodTech avec un exit à 600 M$ en 2018), a levé 10 M$ pour développer une gamme d’aliments visant à “augmenter la masse musculaire et réduire la graisse”. Elle lancera bientôt une gamme de barres, puis des glaces et des snacks salés.
🇺🇸🚜 Monarch Tractor, une startup américaine, a levé 133 M$ pour ses tracteurs électriques autonomes.
🇬🇧 🥗 Zoé, une startup britannique, a levé 15 M$ pour étendre sa plateforme de nutrition personnalisée aux États-Unis. Zoé a développé une série de tests à domicile pour mesurer les marqueurs dans le sang ou le microbiote, qui lui permettent d’évaluer pour chaque client les meilleurs ingrédients et de créer des recommandations alimentaires personnalisées.
Au delà des startups
🇩🇰 🐄 Le Danemark deviendra le premier pays à instaurer une taxe carbone sur l’agriculture. Les agriculteurs seront taxés à hauteur de 100 € par vache et par an (à partir de 2030). Ils recevront des incitations pour réduire leurs émissions. Bien que controversée, une taxe carbone sur l’agriculture (et plus largement sur les produits alimentaires) est, selon nous, la meilleure façon de réduire l’impact de notre système alimentaire sur l’environnement.
🇨🇭💉 Nestlé Health Science lance une plateforme GLP-1. Elle est dédiée aux personnes utilisant des médicament comme l’Ozempic, qui aide à perdre du poids rapidement. Elle offre un accès à une marketplace de compléments alimentaires (du collagène aux probiotiques), du contenu éducatif et des consultations avec des “coachs en nutrition”. Au-delà de l’opportunité de vendre des produits à plus forte valeur ajoutée, ce moment de réévaluation de la relation à l’alimentation par les utilisateurs de GLP-1 peut être une occasion stratégique d’attirer leur attention avec du contenu de qualité.


























