Interview du fondateur de Linkee

Published on October 27, 2017

———- SOCIÉTÉ / PROJET ———-

Darina Senhaji : Quelle est l’idée de ta startup Linkee ?

Julien Meimon : Je me suis rendu compte que tous les professionnels sans exception se retrouvent avec des invendus sur les bras, de manière incompressible, qui finissent à la poubelle. Pourtant, ils seraient tous prêts à donner leurs invendus pour ne pas qu’ils se perdent inutilement  !

Linkee est LA solution logistique qui répond à ce décalage :

  1. Nous récupérons les invendus des professionnels, de manière totalement adaptée et facile à mettre en place pour eux.
  2. Nous prenons totalement en charge la responsabilité des produits, à partir du moment où ils quittent la propriété des professionnels.
  3. Nous livrons les invendus à destination des associations, sachant que les denrées sont encore en excellent état. Il peut s’agir aussi bien d’invendus que le magasin / le restaurant ne peut pas conserver jusqu’à la prochaine ouverture, que de produits dont l’emballage est abîmé mais encore totalement propre à la  consommation.

Linkee recycle ainsi de la nourriture provenant de plusieurs canaux professionnels : artisans, chefs, supermarchés, grands groupes de distribution. Notre objectif est de réduire ce chiffre effarant : un tiers de la nourriture produite est gaspillée.

Lorsqu’un professionnel nous contacte pour que l’on récupère ses denrées invendues, nous envoyons soit un professionnel de la livraison, soit un bénévole “un Linkeur”, qui se rend directement sur place pour récupérer la nourriture, puis la redistribue dans la foulée à des points de chute associatifs précis. En effet, nous fonctionnons en flux tendus, Linkee n’a pas de stock.

 

DS : A qui cela s’adresse-t-il ?

JM : L’action de Linkee s’adresse exclusivement à destination des publics en grande précarité, autrement dit des gens qui ont faim ! Malheureusement la précarité est très présente en France, et notamment à Paris, d’où notre besoin d’agir.

Nous connaissons toutes les associations qui surviennent aux besoin des personnes démunies, et elles aussi nous connaissent bien.

 

DS : Où en êtes-vous ?

JM : Linkee existe depuis un peu plus d’un an déjà. A date, nous redistribuons l’équivalent de 1000 repas par jour (entrée-plat-dessert). Mais notre objectif est de faire bien plus, par exemple il est tout à fait possible de fournir 100 000 repas par jour ! La différence étant les professionnels qui ne connaissent pas encore Linkee.

 

DS : Quelles sont les prochaines étapes ?

JM : Linkee vient de réaliser une levée de fonds. A présent, nous recherchons des investisseurs, capables de nous accompagner dans notre développement. Mon ambition est de développer Linkee très rapidement, d’en faire un réflexe auprès des  professionnels.

Linkee est une solution à la fois :

  • écologique et environnement :  moins de gaspillage
  • économique : quand un restaurant par exemple nous donne ses invendus, il gagne de l’argent ! En effet, il économise le retraitement des déchets et bénéficie également d’un crédit d’impôt puisqu’il fait un don à des associations.
  • social : aide aux personnes démunies

 

DS : Quel est le modèle économique ?

JM : Notre objectif est d’avoir un impact social. C’est pour cette raison que nous avons choisi une structure juridique adaptée (entreprise avec l’agrément ESUS de l’Etat). Cela veut dire que, comme n’importe quelle société, nous recherchons un équilibre entre dépenses et recettes, mais la différence c’est qu’à la fin de la chaîne nous créons de l’impact social – en l’occurrence permettre à des gens qui ont faim de bénéficier des surplus disponibles à proximité, grâce à une solution sécurisée et réplicable.

Nos recettes ? Linkee demande aux professionnels une participation aux frais, somme d’argent inférieure au montant du crédit d’impôt, ce qui fait que ces professionnels gagnent de l’argent aussi. C’est un système vertueux, où tout le monde y gagne.

D’ailleurs, nos contrats avec les professionnels avec qui nous travaillons déjà sont renouvelés d’une année sur l’autre. Il faut aussi préciser que les professionnels sont sensibles à l’aspect social et à leur image de marque, au-delà des gains financiers.

Denrées Linkee

———- FONDATEUR ———-

DS : Qu’as-tu fait pour en arriver là ?

JM :  Cela fait plusieurs années que je m’intéresse aux problématiques de recyclage de la nourriture. Avant Linkee, j’ai fondé et dirigé une association du même type, sur un segment de camions frigorifiques, mais limitée en termes logistiques.

Le schéma est pourtant clair :

  • d’un côté des professionnels qui se retrouvent avec des invendus alimentaires et qui sont prêts à donner, mais qui n’ont pas la possibilité simple de le faire (car ce n’est pas leur métier après tout)
  • d’un côté des associations qui font part de besoins grandissants

Je trouvais cela absurde d’en 2017 il n’existe pas encore de solution simple pour relier les deux.

Aujourd’hui grâce à Linkee, j’aide les professionnels et les associations de personnes en situation de précarité, tout en contribuant à la construction d’une société vertueuse, grâce au recyclage en interne.

En effet, quel est l’intérêt de mettre un bœuf bourguignon à la poubelle ce soir et de le brûler avec des déchets plastiques ? Aucun ! Autant en faire bénéficier quelqu’un qui a faim. Tout simplement.

En résumé,  je suis ici par choix, conviction et implication citoyenne avec l’ambition de faire de Linkee un structure  large et solide dans la société, au-delà d’une simple structure de quartier.

 

DS : As-tu des associés avec toi ?

JM : Oui, j’ai monté Linkee avec deux associés, Matthieu et Tristan que j’ai rencontrés dans une vie perso. L’un travaille dans la production audiovisuelle, et l’autre est ingénieur (à l’origine du logiciel VLC Média Player).   Autrement dit, nous sommes une équipe aux parcours différents, mais finalement très complémentaires ! J’ajoute également que je suis amateur de bonne bouffe, ce qui rejoint le secteur d’activité de Linkee : la FoodTech !

 

DS : D’ailleurs, pourquoi la FoodTech est-elle un secteur intéressant selon toi ?

JM : La FoodTech représente l’impact des nouvelles technologies sur la Food. Celles-ci rendent possible des choses qu’on ne pouvait pas faire avant leur arrivée, au même titre que les réseaux sociaux ont révolutionné les contacts humains. La technologie permet de gagner en rapidité et en efficacité, de décloisonner le secteur Food, et ainsi de multiplier les actions.

Selon moi, la technologie n’est pas une fin en soi mais un outil très utile ! Par exemple, grâce aux nouvelles technologies, Linkee géolocalise des invendus de professionnels, et géolocalise des associations qui en ont besoin.

 

You're in a good company

Join the 60+ clients of Digital FoodLab: leading agrifood companies, retailers, banks, investors, startups, and public organisations.

Use case: project for a global F&B company looking to map its AgTech innovation ecosystem and the best startups to partner with

What we did:

  • Mapping of the AgTech ecosystem: startups, research regulators, and other leading companies.
  • Discussion to select areas to focus on.
  • Analysis of the information to reveal the trends and a model to analyse eventual partners.
  • A workshop to validate the opportunities based on our recommendations.
  • Scouting of relevant partners followed by introductions.

Results:

  • Mapping the different categories of innovations in AgTech that should be considered now to create long-term benefits for the business.
  • Identification of key partners (an incubator and a couple of startups).

Use case: project for a CPG company on the healthy ageing ecosystem

What we did:

  • Education of the board through a couple of workshops to define the perimeter
  • Identification of key opportunities and threats created by long-term evolutions (technologies, business models, behavioural changes).
  • Deep dives on each of the priority categories.
  • Co-construction of a vision on how the company should address these challenges.
  • Identification of partners (startups, incubators, funds) to move forward.

Results:

  • Creating a consensus on which categories to prioritise and how to address them.
  • Implementation of an open innovation strategy through the development of partnerships.

Use case: project for a global CPG company to develop a strategy on the healthy ageing ecosystem

What we do (ongoing mission on a subscription model):

  • Kick-off where we present an overview of the AgriFoodTech ecosystem to select with the client the categories to cover and for each, the level of information required.
  • Monthly newsletter: each month we send a newsletter with the articles that we have gathered ranked by relevance, their summaries, and a layer of analysis.
  • Database: we set up a personalised database that will be filled month after month with the information gathered on the companies identified for the watch.
  • Workshops: twice a year with the client’s innovation team and other “innovation curious” team members, we present an overview of the evolutions, key trends and a dashboard of the topics followed by the watch.

Results:

  • A clear, regular and evolutive tool to follow what is happening in terms of innovation on key topics.
  • A forum (through the workshops) to discuss innovation trends and new opportunities.

Use case: opportunity screening for an ingredient company

What we did:

  • Kick-off to define the perimeter of the ecosystem studied.
  • Mapping of the different trends shaping the innovation ecosystem of the client.
  • Analysis of the trends on DigitalFoodLab’s trend curve and other relevant frameworks.
  • Workshop to discuss DigitalFoodLab’s recommendations on key trends to prioritise

Results:

  • Shared view of the innovation ecosystem for the client with a view of the trends to prioritize.
  • Clear document (personalised trend curve) that can be easily shared internaly to explain the company’s innovation choices and which can be then updated each year.

Use case: scouting for an agriculture coop

What we did:

  • Kick-off to define the perimeter of the client, the goals of the scouting (partnerships) and the criteria on which startups should be evaluated.
  • Set-up scouting: we selected the first batch of 20+ key startups following the criteria of the client.
  • On-going scouting: then we set up a quarterly scouting of about ten startups.
  • For each scouted startup, we created an ID card with key information such as the business and technological maturity, funding, and corporate partnerships. We also added an explanation of why we selected this startup.

Results:

  • An ongoing and evolutive scouting are matching the client's criteria and its capabilities in terms of deal flow.

Use case: working on an acquisition process for a CPG company

What we did:

  • Kick-off to define what the client is seeking, notably in terms of maturity.
  • Workshop with the client based on a mapping of the different innovation ecosystems adjacent to its activities to select some priorities and discuss inspiring examples of startup acquisition stories.
  • Identification of 20+ targets.
  • Workshop to select the most relevant to engage with.
  • DigitalFoodLab worked as a sparing partner during the acquisition process, notably to help design how the acquired startup could be integrated into the overall company’s strategy.

Results:

  • Different results from traditional M&A processes with a focus on the client’s innovation strategy.
  • Identification of a good match for an acquisition.

Use case: market due diligence on sugar alternatives

What we did:

  • Kick-off with the client to discuss its interest on this category, its expectations and existing level of information (notably on the target company).
  • Mapping of the ecosystem to analyse the different existing alternatives and technologies to compare them.
  • Interview (calls) with relevant startups made by our internal biotechnology expert.
  • Recommendation on whether to invest or not.

Results:

  • Clear view of the ecosystem and of the reasons to believe (or not) in each sub-category.
  • Enforceable recommendations based on facts and expertise.